Entretien annuel : comment le préparer quand on ne se sent plus à sa place
L’entretien annuel arrive, et vous ne savez pas quoi en faire. Vos objectifs sont atteints, il n’y a rien à reprocher, et pourtant quelque chose ne va plus. Faut-il le dire ? Le taire ? Faire comme si ?
C’est un rendez-vous mal utilisé, alors qu’il est souvent le seul moment de l’année où parler de sa trajectoire est légitime.
Le préparer, c’est d’abord se préparer soi
L’erreur la plus commune est d’arriver avec la liste de ce qu’on a fait. C’est nécessaire, mais ça ne suffit pas : ça vous décrit comme un exécutant de vos propres objectifs.
Avant de préparer ce que vous allez dire, posez-vous trois questions pour vous-même. Qu’est-ce qui m’a donné de l’énergie cette année ? Qu’est-ce qui m’en a pris ? Et sur quoi ai-je été bon sans que personne ne le remarque ?
Cette troisième question est la plus rentable. Elle fait remonter tout ce que vous faites en dehors de votre fiche de poste et qui ne figure nulle part, exactement comme pour un CV, dont j’écris qu’il n’est pas une liste de tâches mais une carte d’identité professionnelle.
Distinguer les compétences du potentiel
Un entretien annuel regarde presque toujours en arrière, sur des compétences déjà démontrées. Votre intérêt est d’y introduire l’autre sujet : ce vers quoi vous pouvez aller.
C’est toute la différence entre vos compétences et votre potentiel, que je développe dans « Compétences ou potentiel ». Personne ne le fera à votre place, parce que personne d’autre ne voit ce que vous avez développé ailleurs.
Parler de ce qui ne va plus, sans se griller
Voilà la vraie difficulté. Dire « je ne me sens plus à ma place » vous expose sans rien proposer, et met votre interlocuteur en position de défense.
Le déplacement utile consiste à parler d’évolution du poste plutôt que de malaise. Ce que vous voulez développer, les missions vers lesquelles vous aimeriez basculer, ce qui a changé dans votre métier depuis votre arrivée. C’est vrai, c’est constructif, et ça ouvre une discussion au lieu de la fermer.
Cette approche a un autre mérite : elle vous fait vérifier si votre entreprise a quelque chose à vous proposer. Beaucoup de personnes partent sans avoir jamais demandé. Et beaucoup de bons éléments s’en vont en silence, comme je le raconte dans « C’est toujours les meilleurs qui partent en premier ».
Ce que l’entretien ne peut pas régler
Soyons honnêtes sur ses limites. Si le décalage porte sur le sens même de ce que vous faites, aucun entretien annuel ne le résoudra. Ce n’est pas son objet, et votre manager n’a ni le mandat ni les outils pour ça.
Un beau parcours peut ne plus vous ressembler du tout, comme je l’explique dans « Un beau CV et le sentiment de ne plus être à sa place ». Dans ce cas, l’entretien sert à autre chose : à vérifier ce que l’entreprise peut offrir, pour décider ensuite en connaissance de cause plutôt que sur une impression.
Ce travail-là, celui de savoir ce que vous voulez avant d’entrer dans la pièce, c’est ce qu’on fait pendant un bilan de compétences.
Votre entretien approche et vous ne savez pas quoi en faire ? Parlons-en lors d’un premier échange, sans engagement.
L'autrice
Hannan Regnaux
Fondatrice de HR-Connexions, méthode exclusive d’accompagnement au projet d’évolution et de reconversion professionnelle. Pour des vies transformées, alignées à l’identité professionnelle.
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